Secourir une personne en danger est mieux que la capturer des photos ou la filmer

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Lynchages, décapitations, corps sans vie, des images et vidéos de violence sont en libre circulation sur les réseaux sociaux. L’humanité est devenue lobotomisée par le smartphone. Le premier réflexe humain est devenu filmer et prendre des images et non d’aider ceux qui sont victimes d’un drame.

Avec l’ère de nouvelles technologies de l’information et de la communication, tout le monde peut, se servir de son smartphone pour prendre des images ou des vidéos, les poster sur internet et faire le buzz. Beaucoup d’internautes cèdent au réflexe pavlovien de dégainer leur portable pour filmer une catastrophe plutôt que d’aider l’être humain en danger.

Combien des fois avons-nous vu des vidéos et photos horribles des accidents, des personnes mortes, des bagarres violentes, des personnes gisant à même le sol à cause de l’ivresse, des personnes répudiées ou victimes de vengeance populaire, etc. Certains en sont devenus même spécialistes, au point de faire vivre le live des événements malheureux sur les réseaux sociaux : les rois du buzz numérique, c’est comme ça qu’ils s’appellent.

Pourtant, le législateur congolais fait de secourir une personne en danger, une obligation incombant à tout le monde. Si non, la non-assistance d’une personne en danger ou l’omission de porter secours à une personne en péril est érigé en infraction par le code pénal congolais.

Aussitôt la survenance du drame, aussitôt les images sur internet. On se souvient encore de l’accident survenu en début de la soirée du jeudi 25 juillet à Goma qui avait fait état de quatorze morts et plusieurs blessés. Pendant que les uns se précipitaient pour dégager les victimes du gouffre, les autres se tenaient à l’écart, avec leurs smartphones pour relayer les informations sur les réseaux, avec des légendes parfois mensongères.

Un autre exemple s’est produit dans le quartier Ndosho à Goma le jeudi dernier, où une maison prenait feu. Je pouvais apercevoir un groupe des jeunes au-dessus d’une clôture qui filmant la scène. Je me suis approché de l’un deux qui m’a confié : « Je prends des images que je poste sur des réseaux sociaux pour informer le monde, je prends aussi certaines vidéos de l’évènement car les journalistes et les médias en cherchent en échange de quelques souls ».

Certaines vies seraient sauvées et des dégâts épargnés si on pouvait oublier quelques fois nos smartphones pour secourir les personnes en situation périlleuse. La solidarité et le sens d’humanité devrait prendre le dessus du réflexe humain. Secourir est mieux qu’informer. Ensemble disons non aux images violentes sur les réseaux sociaux.

Jonas SINDANI

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