Goma : les restes humains déterrés pour fabriquer de la drogue

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À Goma, la cocaïne, le chanvre, le diazépam restent des drogues les plus consommées et connues des jeunes. À cela s’ajoute désormais le « Mugo », une forte drogue à base, parait-il, des os du squelette humain et efficacement celui des albinos. Une pratique barbare proche de l’endocannibalisme funéraire qui constitue un danger permanent dans notre société.

Au moins 10 personnes meurent chaque jour en ville de Goma de suite soit d’une maladie, d’un assassinat cible ou même un accident de circulation. Les morgues de l’hôpital provincial et celle de l’hôpital militaire sont les plus fréquentées sur les cinq que compte la ville de Goma. La ville de Goma enterre ses morts aux cimetières de l’ITIG, Jolis bois, Gabiro, et pour les classes riches à Kanyamuhanga et Makao.

Si dans les cimetières classe riche, il y a encore de la dignité, dans d’autres par contre, les morts ne reposent pas en paix. Si ce ne sont pas des tombes qui sont profanées, ce sont les vivants qui se disputent de l’espace avec les morts. La goutte d’eau qui vient déborder la vase, ce sont ces actions inhumaines familières au cannibalisme qui prennent de l’ampleur dans la ville touristique de Goma. En effet, certains jeunes insensés et sans scrupule déterrent les restes des corps humains, en tout cas pas pour des rituels traditionnels, mais pour en fabriquer une drogue poudrée qu’ils appellent « Mugo ». On n’est pas loin des faits constitutifs de l’infraction d’anthropophagie réprimée à l’article 62 du code pénal congolais ordinaire.

Comment ça se passe ?

Un jeune vivant à Birere, un quartier chaud de la ville de Goma au Nord-Kivu en République Démocratique du Congo nous a partagé un témoignage très choquant sur ce que font ses camarades aux cimetières.

« J’habite à Kabutembo à côté des cimetières de l’ITIG. Très souvent avec mes amis, nous passons du temps à chercher de l’argent pour nous trouver à manger ou de quoi acheter de la drogue. Malheureusement certains de mes amis font des choses horribles que moi-même je condamne. Au fait, il y a une drogue qui s’appelle « Mugo » fabriquée à base des os du squelette humain. Lorsque cette drogue est fabriquée avec les os du squelette d’un albinos, elle devient plus efficace. C’est une forte drogue, une petite boule peut s’acheter jusqu’à 10.000 francs congolais. », nous a révélé ce jeune qui a requis l’anonymat.

Selon lui toujours, cette drogue peut faire jusqu’à 30 jours dans le cerveau de celui qui l’a prise. « Ils transforment ces os en poudre qu’ils brûlent pour obtenir le Mugo consommé à partir du papier aluminium », a conclu notre source.

L’être humain n’est-il pas en train de perdre son sens d’humanité ? Où est passé le respect dû aux morts ? C’est inacceptable, les vivants doivent du respect aux morts. Que les autorités s’investissent pour arrêter ces actes barbares, et sécuriser les cimetières pour permettre un repos paisible éternel à nos êtres chers.

David Lupemba

2 thoughts on “Goma : les restes humains déterrés pour fabriquer de la drogue

  1. Oui, bonjour ! Nous regrettons humanitairement de cette nouvelle pratique qui tend à dévaster l’humanité par la profanation des lieus paisibles de nos défunts.
    Franchement ,on ne comprend rien des la manière dont cela se passe. Et surtout comment ça peut agir en psychothrope comme drogue. Voudriez vous vous nous fournir d’autres informations convainquentes? Nous sommes à Bukavu , luttons contre la drogue en collaboration avec la France

  2. Les autorités doivent orienter leur regard sur cette question, nos morts doivent être respectés, déterrer les restes de corps humain, c’est plus qu’un blasphème

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