Des livres se vendent à même le sol : la science foulée aux pieds à Goma ?

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A Goma, des écoles maternelles, primaires, secondaires et même des institutions d’enseignement supérieur et universitaire, poussent comme des champignons. Force est de constater que les librairies et les bibliothèques publiques dans la ville sont comptables au bout des doigts dune main. En l’absence de ces lieux appropriés, des livres se vendent sur la rue à même le sol : des livres de seconde main.

Depuis des lustres, la connaissance n’est jamais gratuite. Elle coûte chère. Dans les quelques librairies que compte Goma, les livres paraissent coûteux. Les mêmes livres, vous les retrouvez en vente libre dans la rue, qualifiés euphémiquement des « livres de seconde main » à un prix abordable. Congo Sauti est parti à la rencontre des vendeurs de ces livres dits seconde main dans certains coins de la ville.

Bâches en dessous et s’il pleut une autre bâche est placé au-dessus des ouvrages étalés dans des places publiques pour attirer les clients. Sûrement, l’auteur de livre ne pouvait s’imaginer qu’un jour son œuvre de l’esprit, fruit des plusieurs sacrifices et privations, serait étalée à la longueur des journées dans la rue sous le soleil accablant. Le long de la route où sont placés ces livres, les piétons y passent, la poussière envahit ces œuvres de l’esprit mais rien n’empêche à certains chercheurs de faire le choix sur ces lieux que daller dans des libraires.

« Nous n’avons pas assez des librairies à Goma pour acheter des livres. Et même les quelques librairies qui sont dans la ville, la documentation n’est pas suffisante et les livres sont vendus extrêmement chers. Des chercheurs et étudiants de la ville sont donc obligé de recourir aux vendeurs de seconde main », déclare un étudiant rencontré en train de discuter le prix d’un livre de la médecine, et de poursuivre : « Les livres ne devraient pas être maintenus dans des telles conditions vu le degré de savoir et de connaissance qu’ils contiennent »

« Ces vendeurs nous ont facilité la tâche. Avec eux, je peux vendre et acheter des livres que je veux. Des livres moins chers, c’est par ici. Rarement leur prix dépasse 30$», se confie Joachim Aksanti, finaliste en humanités littéraires et passionné par la lecture.

Malgré cette facilité d’obtention des livres, les jeunes de Goma semblent peu intéressés par la lecture et la recherche du savoir. « Ce sont des personnes en âge avancé qui viennent souvent acheter des livres ici. Les livres qui découlent plus ici sont ceux qui parlent sur le Droit et la médecine, aussi des enseignants des écoles primaires et secondaires mais sont rares les jeunes qui achètent des livres », s’exclame un vendeur de livres rencontré devant le terrain Basket PJB.

Espoir Ngoy est passionné aussi de la lecture, mais déplore le fait que certaines institutions supérieures et universitaires n’ont pas de bibliothèques. C’est en se débrouillant que les étudiants rencontrent des livres écrits par des savants mais étalés sur le long des routes, en dépit du savoir qu’ils contiennent. « Beaucoup d’écoles et universités à Goma n’ont pas des bibliothèques dignes de ce nom. Dans les recherches, il faut se débrouiller pour trouver des documents et ce, peu importe où. Nous demandons aux autorités de s’investir dans la multiplication et l’amélioration des librairies, des bibliothèques, des espaces favorisant recueillir le savoir. »

Fidèle Kitsa

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